La situation des établissements scolaires privés en Côte d’Ivoire atteint un niveau critique. Réunies au sein de la Coordination des faîtières du secteur éducation-formation, les organisations représentatives du privé ont, lancé une alerte nationale.
Ce, face à ce qu’elles qualifient de « crise multidimensionnelle » menaçant la survie même de leurs structures et la continuité du service éducatif.
C’était le jeudi 23 avril 2026, lors au cours d’un point de presse, aux Deux-Plateaux. Devant les journalistes et partenaires du système éducatif, les responsables du secteur ont dressé un tableau préoccupant. Ils ont évoqué à la fois une asphyxie financière sévère et une déstabilisation pédagogique majeure. Ce, à quelques semaines des examens à grand tirage, notamment le Bepc et le baccalauréat.
« De nombreux établissements sont aujourd’hui au bord de la faillite », a alerté Betty Effinistand, porte-parole de la Coordination des Fondateurs d’écoles privées et laïques de Côte d’Ivoire, évoquant un risque réel de fermetures en cascade si aucune mesure urgente n’est prise. À cette fragilité financière s’ajoute une perturbation majeure du fonctionnement pédagogique. La Coordination dénonce les effets du recrutement exceptionnel de près de 2000 enseignants de mathématiques et de physique-chimie par le ministère de tutelle en cette fin d’année scolaire.
D’après les faîtières, ces enseignants proviennent en grande majorité des établissements privés, provoquant des départs massifs et soudains dans des disciplines clés. Une situation jugée particulièrement critique à l’approche des examens.
« Nos écoles se retrouvent vidées de leurs compétences dans des matières fondamentales, au moment le plus sensible de l’année », a déploré Betty Effinistand.
Il a ajouté qu’il est matériellement impossible de remplacer ces enseignants dans un délai aussi court. Face à ce qu’elle considère comme une menace directe pour la stabilité du système éducatif, la Coordination des faîtières appelle les autorités ivoiriennes à des mesures immédiates. Il s’agit à procéder au paiement urgent des arriérés de l’année scolaire 2024-2025 ; l’engagement effectif du règlement des frais de l’année 2025-2026 ; la mise en place de mesures transitoires permettant aux enseignants récemment recrutés de terminer l’année dans leurs établissements d’origine ; l’ouverture d’un cadre de dialogue permanent entre l’État et les acteurs du privé.
« Ce qui se joue aujourd’hui dépasse le sort de quelques établissements. C’est la stabilité d’un pan entier de l’école ivoirienne qui est en cause », a insisté le porte-parole. Tout en réaffirmant leur engagement en tant que partenaires de l’État dans l’éducation des jeunes, les faîtières appellent à un sursaut des autorités. « L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action », ont-elles conclu, évoquant une « urgence absolue » pour éviter une crise ouverte aux conséquences potentiellement lourdes pour les élèves et le pays.
AS




































































