Les territoires considérés comme des bastions politiques en Côte d’Ivoire sont-ils appelés à rester durablement fidèles aux mêmes formations politiques ?
La question est au cœur de l’ouvrage de la sénatrice Karidia Soukoule épouse Koné, présenté le jeudi 24 septembre 2026 au siège du Rhdp, à la rue Lepic, à Cocody.
Intitulé « Influence de la politique de la Grande Côte d’Ivoire ambitieuse et solidaire sur les bastions politiques ivoiriens », la sénatrice Karidia Soukoule épouse Koné propose, dans son livre, une réflexion sur les rapports entre politiques publiques, perception des populations et évolution des comportements électoraux.
Pour mener cette étude, l’auteure a indiqué s’être appuyée sur une enquête qualitative auprès de 507 citoyens inscrits sur les listes électorales. Les résultats présentés font apparaître des niveaux de satisfaction élevés sur plusieurs volets de l’action publique. Concernant les réformes des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI), 88 % des personnes interrogées estiment que l’armée est bien équipée et 94 % la jugent bien formée. Quelque 81 % considèrent qu’elle est en mesure de protéger efficacement les populations, tandis que 91,12 % déclarent lui faire confiance. Le niveau de satisfaction à l’égard des réformes des FACI atteint, selon l’étude, 89 %.
Les infrastructures constituent un autre volet important de l’enquête. Les routes, ponts et échangeurs recueillent 88 % de satisfaction. L’accès à l’eau atteint 97 % et celui à l’électricité 89 %. Le logement apparaît en revanche comme le principal point de réserve : 70 % des personnes interrogées se déclarent peu satisfaites, contre 27 % assez satisfaites et 3 % sans avis. Quant aux projets présentés comme novateurs dans le PND 2025-2030, notamment le BRT, le métro, la liaison ferroviaire Abidjan-Yamoussoukro, la 5G ou encore le Wi-Fi dans les lycées, 80 % des enquêtés les considèrent comme de bons projets.
L’étude relève également un niveau élevé de confiance déclaré envers Alassane Ouattara parmi les personnes interrogées : 96 % se disent « très confiantes » et 4 % « confiantes ». Parmi les raisons avancées, 81 % citent le respect des promesses, 15 % la réalisation de grands projets et 4 % le leadership. L’étude formule plusieurs recommandations.
Elle préconise notamment d’améliorer l’accès des jeunes à l’emploi, de renforcer l’autonomisation des femmes et d’élargir l’offre de soins et les prestations liées à la CMU.
Elle recommande également une amélioration des logements sociaux et de l’accès au crédit immobilier, le renforcement de la sécurité alimentaire, ainsi que le désengorgement d’Abidjan et le développement des villes de l’intérieur.
Sur le plan politique, l’étude suggère de mieux identifier les différentes formes d’abstention et de mener des enquêtes d’opinion dans les bastions où la résistance électorale demeure forte, afin de mieux comprendre les facteurs qui l’expliquent. Présent à la cérémonie, Yao Séraphin, représentant Gilbert Koné Kafana, président du directoire du Rhdp, a insisté sur l’intérêt d’une démarche fondée sur les données et l’observation. Il a notamment relevé que l’analyse des territoires politiques ne pouvait se limiter aux impressions ou aux lectures partisanes.
« Il ne s’agit pas simplement d’affirmer ; il s’agit de mesurer, de comparer et d’analyser », a-t-il déclaré, estimant que les territoires politiques ne sont pas totalement figés et qu’ils peuvent connaître des transformations liées aux évolutions sociales, économiques et démographiques.
Fulbert Yao







































































