Le conte sera à l’honneur, le samedi 3 octobre 2026, à l’Université Félix-Houphouët-Boigny (UFHB) d’Abidjan.
En effet, la Société africaine des cultures et des sciences (SACS), en partenariat avec l’Unité pédagogique de littérature orale de l’Université Félix-Houphouët-Boigny et les autres universités publiques, organise la première édition de la « Nuit du conte ».
L’événement se déroulera autour du thème : « La contribution du conte oral au développement durable par la préservation de la cohésion sociale et de la biodiversité en Côte d’Ivoire ».

Ce vendredi 25 septembre 2026, le professeur titulaire Tououi Bi Irié Ernest, spécialiste de civilisation africaine et de littérature orale à l’Université Félix-Houphouët-Boigny, a animé une conférence de presse à la salle de conférence du Centre National de Recherche en Tradition Orale (CNRTO), à Cocody, pour présenter les grandes lignes de cette activité.
Selon le conférencier, pour cette première édition, cinq groupes d’étudiants de Master de Lettres Modernes ont été sélectionnés pour prendre part à la compétition. Chaque groupe devra s’inspirer d’un peuple de Côte d’Ivoire et faire revivre, à travers un conte, une partie de son univers culturel.
Le choix du peuple ne se limitera pas au récit. Les étudiants devront également arborer les tenues traditionnelles correspondant à l’univers culturel choisi.
« Une manière pour nous de valoriser les éléments de notre culture en termes de costumes traditionnels », a souligné le professeur Tououi Bi Irié Ernest.
Sur scène, les participants ne seront pas de simples conteurs. Chaque groupe proposera une véritable représentation mêlant parole, jeu, musique et rythme.
« Il y a le conteur principal, mais il est accompagné d’un chœur, d’agents rythmiques, d’instruments traditionnels et de personnages qui jouent des rôles. C’est une véritable théâtralisation de la parole orale », a expliqué le conférencier.
Chaque groupe disposera de 15 à 20 minutes au maximum pour sa prestation. Les étudiants devront effectuer un travail de création et d’adaptation à partir du patrimoine oral du peuple choisi.
« Ils partent du répertoire traditionnel du peuple qu’ils ont choisi de représenter, mais ils doivent actualiser le message pour répondre à la thématique centrale de la biodiversité, de la protection de l’environnement et de la cohésion sociale », a précisé le professeur.
La « Nuit du conte » débutera à 15 heures par les allocutions officielles. Des intermèdes artistiques, notamment du slam, viendront ponctuer la cérémonie. L’entrée dans la salle sera payante.
L’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC) est également associé à l’événement. Une troupe assurera l’accueil des invités avec des prestations inspirées des différents rythmes des peuples de Côte d’Ivoire.
Au-delà du message porté par les récits, les prestations seront évaluées par un jury composé de spécialistes de la Littérature orale, d’enseignants-chercheurs et de praticiens des Arts du spectacle.
La qualité du texte, la maîtrise de la langue, la présence scénique, le respect de la tenue traditionnelle, le rythme et la pertinence du message environnemental seront notamment pris en compte.
Les cinq groupes seront classés du premier au cinquième et chacun sera récompensé.

« Nous avons prévu des prix pour les cinq groupes. Il y aura des trophées, des enveloppes financières et des lots d’ouvrages pour les encourager et soutenir leurs études », a indiqué le professeur Tououi Bi Irié Ernest.
Il a précisé que cette première édition constitue une étape dans un projet appelé à s’élargir progressivement. L’année prochaine, les organisateurs envisagent ainsi un concours interuniversitaire réunissant les universités et grandes écoles, publiques comme privées. La troisième année devrait être consacrée à un concours national du conte et des arts de la parole.
Tous les contes produits et présentés feront l’objet d’un recueil écrit, édité par la SACS. Une captation audiovisuelle complète sera également réalisée afin d’alimenter les archives pédagogiques et les plateformes numériques.
Évoquant les enjeux de cette initiative, le professeur Tououi Bi Irié Ernest a relevé l’urgence liée à l’érosion de la biodiversité et au recul du couvert forestier. Face à cette situation, la SACS et l’Unité pédagogique de littérature orale de l’UFHB entendent faire du conte et des savoirs traditionnels des outils de sensibilisation à la préservation de la nature et au renforcement de la cohésion sociale.
Cette démarche repose sur quatre axes : la pédagogie, à travers l’intégration des traditions orales dans l’enseignement ; la recherche et l’encadrement des étudiants travaillant sur la biodiversité ; les activités culturelles, avec des séances de contage et des journées des oralités ; et enfin le dialogue scientifique et éditorial, à travers des assises et des publications consacrées à la cohésion sociale et à la biodiversité.
À noter que créée en 2024, la Société africaine des cultures et des sciences est une association qui œuvre à la promotion et à la valorisation du patrimoine culturel, des arts, des cultures et des fruits de la science.
Fulbert Yao







































































