Soubré a lancé, ce vendredi 31 juillet 2026, un pari ambitieux : faire de sa diaspora un acteur central de sa transformation économique et sociale.
À l’initiative du Préfet de la Région de la Nawa, Kouamé Bi Kalou Clément, la première édition du Forum socio-économique de la diaspora s’est ouverte dans une ambiance empreinte d’espoir et de responsabilité, avec un message fort : le développement de Soubré ne peut plus se construire sans ses filles et fils établis à l’étranger.
Cette rencontre entend dépasser le simple cadre des retrouvailles pour poser les bases d’un véritable partenariat économique entre les collectivités territoriales et la diaspora.
Dans son intervention, le représentant du président de la Fédération des Associations Cantonales de la Nawa en France (FACNF), Jean Claude Broh, n’a pas caché la portée historique de cette initiative.Pour lui, le forum ouvre une nouvelle page dans les relations entre la diaspora et sa région d’origine.
« La diaspora ne doit plus être seulement considérée comme une communauté vivant hors des frontières nationales.Elle doit être reconnue comme un véritable acteur économique, un investisseur, un partenaire technique, un vecteur d’innovation et un puissant levier de développement », a-t-il affirmé.
En saluant la vision du préfet de région, il a estimé que celui-ci avait compris que le développement durable d’un territoire passe désormais par la mobilisation de toutes ses forces vives, où qu’elles se trouvent dans le monde.
Le discours du représentant de la FACNF marque une évolution dans la manière de considérer les Ivoiriens de l’extérieur.
Au-delà des transferts d’argent vers les familles, la diaspora revendique désormais un rôle de co-investisseur dans le développement régional.
Agriculture moderne, agro-industrie, création de PME, entrepreneuriat des jeunes, autonomisation des femmes, santé, éducation ou encore formation professionnelle, autant de secteurs dans lesquels les ressortissants de Soubré établis à l’étranger disent vouloir s’engager.
Mais Jean Claude Broh a surtout insisté sur un investissement souvent négligé, le capital humain.
« Aucune région ne peut prospérer durablement sans des femmes et des hommes bien formés, responsables et solidaires », a-t-il déclaré, avant de prendre un engagement solennel au nom de la diaspora, celui d’accompagner durablement les initiatives des autorités administratives et des collectivités territoriales.
Représentant la Présidente du Sénat, Alcide Ilahiri Djédjé, président de la Commission des Relations extérieures et des Ivoiriens établis hors de Côte d’Ivoire, a replacé cette initiative dans une dynamique nationale.Rappelant que la Constitution confie au Sénat la représentation des collectivités territoriales et des Ivoiriens établis hors du pays, il a souligné que l’attractivité d’un territoire repose sur sa capacité à créer un environnement favorable à l’investissement.Il a également mis en lumière les atouts de la Nawa, premier bassin cacaoyer de Côte d’Ivoire, dont les immenses potentialités agricoles et humaines méritent une mobilisation collective.
Au nom de la Présidente du Sénat, il a invité les membres de la diaspora à investir davantage dans les secteurs stratégiques que sont l’agriculture, l’éducation, les infrastructures et les nouvelles technologies
.Au-delà des discours, ce forum veut surtout déboucher sur des engagements concrets.
Panels, rencontres, échanges entre investisseurs, élus locaux et administrations doivent permettre d’identifier des projets structurants susceptibles de renforcer l’attractivité économique du département de Soubré
.Le défi est désormais de transformer l’attachement des fils et filles du département en investissements durables, en création d’emplois et en amélioration des conditions de vie des populations.
Si les promesses formulées lors de cette cérémonie d’ouverture se traduisent en actions, la première édition du Forum socio-économique de la diaspora pourrait bien marquer le point de départ d’une nouvelle stratégie de développement territorial, où la diaspora ne sera plus seulement une source de solidarité familiale, mais un véritable partenaire du développement de Soubré.
Y. Méité





































































