Les rythmes du Zaouli, de l’Adjoss, du Goly, du Gué Gblin et de plusieurs autres expressions artistiques venues des différentes régions de la Côte d’Ivoire ont donné le ton, samedi 1er août 2026, au Village SOTHECA de Yopougon.
Accueillis dans une ambiance chaleureuse par les pensionnaires du groupe SOTHECA, conduits par leur fondateur Hyppolite Anoh, les membres de l’Union des Journalistes Culturels de Côte d’Ivoire (UJOCCI) ont vécu une nouvelle étape de leur immersion culturelle, organisée dans le cadre des 66 ans de l’indépendance du pays.

Après Grand-Bouboury, premier village Adioukrou à Dabou, puis Kanga Nianzé, sur la Route des esclaves à N’douci, où les journalistes avaient également découvert Amoa City, le temple culturel du professeur Urbain Amoa, l’UJOCCI poursuivait ainsi son périple à la découverte des hauts lieux du patrimoine ivoirien.
« Depuis mon élection à la tête de l’UJOCCI, en janvier 2025, je me suis dit qu’il y avait encore beaucoup à découvrir et à faire découvrir sur le plan culturel », a expliqué le président de l’organisation, Jean-Marc Tonga, saluant l’accueil réservé par le Village SOTHECA. Il a exprimé sa gratitude à Hyppolite Anoh pour son engagement en faveur de la culture ivoirienne avant de promettre un retour prochain sur ce site emblématique.

Les échanges se sont poursuivis autour des Grands Plateaux de l’UJOCCI, consacrés au thème : « 66 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire / Yopougon : antre des arts et de la culture, défis, enjeux et perspectives ».
Fort de plus de quatre décennies d’existence, Hyppolite Anoh a livré un regard sans détour sur la situation du patrimoine culturel ivoirien. S’il s’est réjoui de l’essor des musiques urbaines, il a toutefois déploré le recul des danses traditionnelles, regrettant que de nombreux jeunes connaissent davantage le Biama que des danses patrimoniales comme l’Adjoss. Prenant l’exemple du Ghana, où les élèves sont initiés très tôt aux traditions et où les autorités valorisent les tenues locales, il a appelé à un engagement plus soutenu en faveur de la transmission culturelle.
Le responsable de SOTHECA a également évoqué les difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs culturels. Il a dénoncé le manque d’accompagnement des structures patrimoniales, les contraintes financières qui pèsent sur les promoteurs de spectacles, notamment l’exigence d’une licence évaluée à 10 millions de FCFA, ainsi que le faible recours aux compétences de SOTHECA lors de certains événements officiels.

« Nous souffrons, mais nous continuons de travailler », a-t-il confié, assurant que son groupe restera mobilisé pour préserver et transmettre le riche héritage culturel de la Côte d’Ivoire, malgré les difficultés.
Fulbert Yao avec Sercom






































































