Le Fonds de garantie automobile (FGA) poursuit son déploiement à l’intérieur du pays. Après Bondoukou, dans la région du Gontougo, en août 2024, l’institution étend son dispositif au Bounkani avec l’ouverture, le vendredi 23 octobre 2026, de son bureau de liaison à l’Établissement public hospitalier départemental (EPHD) de Bouna.
La cérémonie, présidée par le préfet de la région du Bounkani, préfet du département de Bouna, Chérif Birahima, représentant la ministre d’État Kaba Nialé, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a été marquée par la signature d’une convention de partenariat entre le FGA et l’EPHD, suivie de la coupure du ruban. Cette ouverture porte à 19 le nombre de bureaux opérationnels du Fonds en Côte d’Ivoire.
Située aux portes du Burkina Faso et du Ghana, à proximité du parc national de la Comoé, Bouna est un carrefour où se croisent quotidiennement commerçants, transporteurs, conducteurs de mototaxis, éleveurs et voyageurs. Une circulation qui s’accompagne de risques routiers importants.
Selon la Direction départementale de la Santé, le département a enregistré 562 victimes d’accidents de la voie publique depuis janvier 2026, dont sept décès. Dans ce contexte, l’ouverture du bureau du FGA constitue un relais de proximité pour faciliter l’accès aux soins.

Désormais, les victimes d’accidents corporels de la route admises aux urgences de l’EPHD de Bouna bénéficient d’une prise en charge gratuite et systématique de leurs frais médicaux, conformément au décret n° 2024-996 du 20 novembre 2024. Le principe est de donner la priorité aux soins, sans attendre que les responsabilités soient établies.
Au nom de la ministre d’État Kaba Nialé, le préfet Chérif Birahima a salué son engagement en faveur du Bounkani. Il a inscrit cette initiative dans la politique de la Côte d’Ivoire solidaire portée par le président de la République, Alassane Ouattara, en complément des filets sociaux et du Programme social du gouvernement (PSGouv).
« Aucun Ivoirien ne doit être laissé au bord de la route : tout le monde doit être embarqué », a-t-il déclaré.
S’adressant au personnel médical, il a insisté sur la nécessité de traduire cette mesure en actes. « La mise en œuvre opérationnelle de cette décision vous revient. Il ne faudrait pas que ces bonnes nouvelles, proclamées depuis quelques jours dans les rues de Bouna, restent un simple slogan. Vous en êtes les garants », a-t-il martelé. Il a également appelé les usagers à la prudence sur les routes, rappelant que « nous ne voulons plus de deuils ».

Pour le directeur général du FGA, Maizan Koffi Noël, cette inauguration revêt une dimension particulière. Originaire de Bouna, où il a effectué ses premières classes, il a exprimé son émotion à l’idée d’ouvrir un bureau dans sa ville natale.
Il a rendu hommage à la ministre d’État Kaba Nialé, marraine de l’ouverture du bureau de Bondoukou en août 2024. Le souhait qu’elle avait alors formulé, celui qu’aucune victime ne soit privée de soins faute de moyens, s’est, selon lui, « mué en promesse tenue ».
« Devant une victime, nous ne commençons plus par chercher qui doit payer : nous commençons par la soigner. Aucune vie ne doit être compromise faute de moyens, au moment où chaque minute compte », a-t-il souligné.
Le directeur général a également rappelé l’importance de la prévention. « Le meilleur accident est celui qui n’arrive pas », a-t-il déclaré, invitant les usagers à porter le casque, à respecter les limitations de vitesse, à éviter l’usage du téléphone au volant et à ne jamais conduire après avoir consommé de l’alcool.
Le maire salue la concrétisation d’un projet
Le maire de Bouna, Ouattara Bourahima, ancien président du conseil d’administration du FGA de 2013 à 2016, s’est réjoui de la concrétisation d’une initiative qu’il avait soutenue.
« Généralement, lorsqu’il y a un accident, les victimes sont laissées pour compte. Aujourd’hui, il y a un instrument pour leur porter secours et les décharger de tous les frais », a-t-il relevé.

Saluant la persévérance du directeur général, il a évoqué les difficultés rencontrées aux premières étapes du projet. Il a également exprimé sa reconnaissance au gouvernement, tout en rappelant que l’existence du Fonds ne dispense pas les usagers de respecter le Code de la route.
Au nom des prestataires de santé, le directeur départemental de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle (CMU), le Dr N’Gbesso Tanoh Gérard, a qualifié la convention de « belle opportunité ».
Selon lui, cet accord permettra aux équipes médicales d’accueillir les victimes et de leur offrir gratuitement les prestations prévues dans le panier de soins du FGA. « Nous n’avons pas l’obligation de résultat, mais nous avons une obligation de moyens. Avec cette convention, vous nous donnez beaucoup plus de moyens pour soigner les victimes d’accidents de la voie publique », a-t-il expliqué.

La veille de l’inauguration, jeudi 22 octobre, une conférence organisée à la préfecture avait permis aux forces vives du département de mieux connaître les missions du FGA. Autorités administratives, élus, chefs traditionnels et religieux, forces de défense et de sécurité, transporteurs, assureurs, associations de jeunes et de femmes, acteurs de la société civile et médias avaient pris part aux échanges.
Après Agboville, Abengourou et Aboisso, Bouna constitue la quatrième étape de la campagne nationale « FGA Tour 2026 ». Le Fonds, qui comptait dix bureaux en août 2024, dispose désormais de 19 bureaux opérationnels et ambitionne d’en compter 26 d’ici à 2027.

À travers cette extension, le FGA entend rapprocher ses services des populations et faciliter l’accès aux soins pour les victimes d’accidents de la route, particulièrement dans les zones éloignées des grands centres urbains.
Fulbert Yao avec Sercom FGA





































































