C’était jour de fête, le samedi 8 août 2026, à Assabli-Komenankro, village situé à 25 km de Ouellé, dans la région de l’Iffou.
Pour la première fois de son histoire, la première édition de la fête des mères a été organisée à l’honneur des femmes du village.
L’activité a été initiée par Estelle Kouamé, présidente de l’ONG Initiative pour l’autonomisation et le leadership des femmes, fille du village, par ailleurs, secrétaire nationale du Syndicat National des Diplômés en Soins Infirmiers et Obstétricaux de Côte d’Ivoire (SYNADSIO-CI)

Pour l’occasion, personne n’a voulu se faire conter l’événement du jour.
Le village s’est paré de ses plus beaux atours pour donner un cachet particulier à la cérémonie.
Dans leurs tenues traditionnelles soigneusement choisies, agrémentées de parures élégantes, les femmes ont apporté une touche particulière à la fête. Chants, danses et animations ont rythmé la journée, dans une ambiance de convivialité et de fraternité.
De nombreux présents ont été offerts, ainsi que des moyens financiers pour accompagner l’association des femmes et de la mutuelle du village. La veille, un match de football, des concours de cuisine et de danses ont été organisés.

Plusieurs autorités administratives, politiques et coutumières ont également pris part à la cérémonie. Notamment la sous-préfète d’Ananda et d’Akpassanou, le député Innocent Yao, le maire de Ouellé, Dr Raphaël Ya, ainsi que plusieurs chefs de village des localités voisines ou leurs représentants.

Dans son intervention, la sous-préfète a salué l’énergie, le courage et la dignité dont font preuve les femmes au quotidien.
Elle les a exhortées à demeurer des « piliers de stabilité » au sein de leurs familles.
« Soyez des artisanes de concorde. Cultivez une solidarité sincère entre vous. À travers votre association, montrez que l’union fait la force. Lorsqu’une maman de votre association traverse une épreuve, que toutes les autres se lèvent pour la soutenir. Une communauté où les femmes marchent main dans la main est une communauté invincible face aux divisions », a-t-elle conseillé.
L’autorité administrative a en outre encouragé les femmes à déclarer les enfants à l’État civil. Mais aussi à scolariser les jeunes filles.
« Être une bonne mère aujourd’hui, c’est aussi voir loin pour sa progéniture. Le monde change à grande vitesse et l’avenir de nos enfants passe d’abord par la déclaration de naissance à l’état civil afin de leur conférer une identité, et obligatoirement par l’école », a-t-elle déclaré.
Elle a invité les mères à veiller à l’assiduité scolaire de leurs enfants et à accorder une attention particulière à l’éducation des filles.
Pour finir, elle a encouragé les femmes à investir davantage dans les activités économiques locales, « car une femme autonome est une force pour toute sa communauté. »

Avant elle, Estelle Kouamé, la présidente de l’ONG IALF, a rendu un hommage appuyé aux mères.
Pour elle, l’autonomisation des femmes constitue un levier important du développement local. Car « Investir dans la femme, c’est investir dans des familles stables et harmonieuses. Autonomiser une femme, c’est renforcer une communauté. Former une femme au leadership, c’est préparer une génération entière à relever les défis de demain. »
Estelle Kouamé s’est félicitée de ce que la sous-préfecture d’Ananda dispose de nombreuses femmes talentueuses et résilientes, actives notamment dans l’entrepreneuriat, l’agriculture, l’éducation, la santé et d’autres secteurs.
Cependant, a-t-elle déploré, plusieurs d’entre elles restent confrontées à des difficultés liées aux stéréotypes, aux inégalités économiques, à l’accès au financement et à leur faible représentation dans les instances de décision.
Face à ces défis, elle a assuré que son ONG poursuivra ses actions en faveur de l’éducation des filles, de l’autonomisation économique des femmes, du leadership féminin, de la formation professionnelle, de l’entrepreneuriat féminin et de la participation des femmes aux processus de décision.

Estelle Kouamé a également appelé à une mobilisation collective en faveur de la cause des femmes.
« Les progrès en faveur des femmes ne peuvent être portés par les seules femmes. Ils nécessitent l’engagement des hommes, des familles, des autorités publiques, des organisations de la société civile, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers ainsi que de toute la communauté. Construire une société plus équitable est une responsabilité partagée », a-t-elle soutenu.
« Continuez à croire en vos capacités. Osez entreprendre. Osez diriger. Osez innover. Osez rêver grand. Car une femme qui croit en elle devient une force de transformation pour toute sa famille, pour toute sa communauté et pour tout le pays », a-t-elle lancé, à l’endroit des femmes.

Présent à Assabli Komenakro, Kpan mouty, a souhaité plein succès à l’ong.
« Que Dieu lui permette d’avoir le courage nécessaire qu’elle a eu pour diriger les syndicats.Qu’elle ait ce courage pour se mettre au service de la société et d’ouvrir pour le bien-être de la société », a t il souhaité. Il a aussi fait plusieurs dons.
Intervenant en marge de la cérémonie, le député Innocent Yao a salué l’initiative portée par la présidente de l’ONG IALF et la mobilisation autour des femmes d’Assably-Komenankro.
Il a félicité Estelle Kouamé pour son engagement en faveur de son village et de son département, avant de lui assurer de son soutien.

Le maire de Ouellé, Dr Raphaël Ya, a, quant à lui, félicité la présidente de l’ONG IALF pour cette initiative. Pour lui, la cérémonie illustre l’importance de la société civile dans le développement local.
Elle permet, a l’en croire, d’accélérer les progrès au niveau local.
« C’est lorsqu’une société civile prend le devant du développement local que les choses avancent beaucoup plus vite », a-t-il soutenu.
Au nom des femmes d’Assabli-Konenakro, la Présidente Konan Aya Pauline a remercié la donatrice. Elle a en outre plaidé pour un soutien accru des autorités, afin de rendre les femmes du village autonomes.
Fulbert Yao






































































