Réunis les 29 et 30 octobre 2026 à Soubré, 27 jeunes producteurs des régions de la Nawa, de la Mé et de l’Indénié-Djuablin prennent part à un atelier régional visant à structurer un réseau de jeunes travailleurs agricoles du secteur du cacao. Une initiative portée par le Comité intersyndical des jeunes de Côte d’Ivoire (CIJ-CI), avec l’appui de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
L’objectif est de mettre en place un réseau opérationnel capable de fédérer les jeunes travailleurs agricoles, de porter leurs préoccupations et de renforcer leur participation aux mécanismes de dialogue social dans la filière cacao.
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire dispose d’une filière stratégique qui fait vivre plusieurs millions de personnes. Pourtant, les jeunes qui contribuent à cette richesse économique demeurent insuffisamment représentés dans les organisations syndicales et les instances de prise de décision. Ils sont notamment confrontés à la faiblesse des revenus agricoles, aux risques professionnels, à l’insuffisance de la protection sociale et aux conséquences du changement climatique.Pour Jean-Roch Yomi, président du CIJ-CI, la structuration de ce réseau doit permettre aux jeunes de passer de la sensibilisation à une véritable organisation collective.

« Pendant deux jours, nous allons faire trois choses. Nous allons comprendre : le travail décent, la liberté syndicale, la négociation collective, la santé et la sécurité au travail, la transition juste », a-t-il expliqué.
Insistant sur la nécessité pour les jeunes de s’approprier leurs droits, il a souligné que ces principes doivent se traduire par des protections concrètes dans les exploitations agricoles. « Aucun combat ne se gagne seul. L’union reste notre meilleure arme », a-t-il martelé.
Au-delà du renforcement des connaissances, les travaux doivent déboucher sur des décisions concrètes.
Il s’agit notamment d’identifier les principales préoccupations des jeunes travailleurs, de bâtir une plateforme de revendications, de désigner six points focaux régionaux et d’adopter une feuille de route assortie d’un plan d’action.
Cette démarche vise également à renforcer les capacités des jeunes en matière de leadership, de mobilisation, de communication et de plaidoyer, afin qu’ils puissent faire entendre leurs voix auprès des autorités et des autres acteurs de la chaîne de valeur du cacao.
Du côté de l’OIT, cette initiative est perçue comme une étape importante vers une meilleure représentation des jeunes travailleurs et la promotion de la justice sociale dans le secteur agricole.Kattia Paredes Moreno, spécialiste principale ACTRAV au Bureau pays d’Abidjan, a encouragé les participants à s’approprier cette dynamique et à faire de la solidarité un levier de transformation de la filière.
« Le réseau que vous créez aujourd’hui est un point de départ. Un point de départ vers davantage de représentation. Un point de départ vers davantage de justice sociale. Un point de départ vers davantage de travail décent. Un point de départ vers une transition juste qui ne laisse personne derrière », a-t-elle déclaré.

Pour la représentante de l’OIT, l’organisation collective constitue une condition essentielle pour permettre aux jeunes travailleurs agricoles de peser dans les discussions sur l’avenir du cacao.
« Lorsque les jeunes sont organisés, ils deviennent un mouvement. Et lorsque les jeunes travailleurs agricoles sont organisés, ils deviennent capables de transformer l’avenir de tout un secteur », a-t-elle affirmé.
À travers cette initiative, le CIJ-CI entend ainsi consolider la participation des jeunes aux actions syndicales et aux espaces de concertation sectoriels, dans un contexte où la durabilité de la chaîne de valeur du cacao, les exigences du commerce international et la transition écologique occupent une place croissante.
Y. Méité







































































