Depuis plusieurs jours, des jeunes de Bondoukou s’opposaient à la poursuite des travaux de réhabilitation de la route en 1×1 voie. Leur revendication : obtenir des voies en 2×2, conformément à ce qu’ils considèrent comme un engagement du gouvernement en faveur de l’élargissement des axes routiers dans les chefs-lieux de district.
Pour dénouer la situation, le ministre Kobenan Adjoumani a privilégié le dialogue. Il est allé à la rencontre des populations, le mercredi 4 novembre 2026.
Face aux leaders de jeunesse et aux responsables d’associations, il a expliqué les contraintes techniques et financières liées à la réalisation de 2×2 voies à l’intérieur de la ville.
Selon les éléments qu’il dit avoir obtenus, un tel aménagement nécessiterait d’importantes opérations de déguerpissement et de déplacement des réseaux d’électricité, d’eau et de télécommunications. Ces travaux préalables pourraient prendre près de deux ans.
« Si ça doit passer par la ville, l’argent qu’on va dépenser pour dédommager les gens, c’est trois fois le budget même du bitume. Donc, réfléchissez autrement », a-t-il rapporté, évoquant les échanges qu’il a eus avec son collègue chargé des Infrastructures.
Face à ces contraintes, le ministre a présenté une autre option : aménager progressivement les accès à Bondoukou et une voie de contournement en 2×2 voies. Il a notamment évoqué l’axe reliant le corridor à la ville, en direction de la station-service Fôvier, l’entrée depuis Kouassi-N’Dawa, à partir de Goli, ainsi que les accès du côté de Bouna et de Soko.
Il a également proposé d’examiner la possibilité d’une liaison en 2×2 voies à partir de la plateforme industrielle destinée à la transformation de l’anacarde, afin de rejoindre la route de Bouna.
Pour Adjoumani, cette solution permettrait de répondre aux préoccupations des populations sans compromettre les travaux déjà engagés. Il a notamment rappelé que le gouvernement avait annoncé un supplément de 10 kilomètres de voirie pour Bondoukou, en plus des 7 kilomètres déjà prévus, soit un total de 17 kilomètres de routes à bitumer.
Le ministre a par ailleurs évoqué le projet d’autoroute de l’Est annoncé par le président de la République, Alassane Ouattara. Selon lui, cette infrastructure pourrait offrir de nouvelles possibilités d’aménagement, notamment avec des voies d’accès en 2×2 voies pour relier Bondoukou aux axes environnants.
L’autre argument avancé par le ministre concerne le risque de voir les engins quitter Bondoukou si les travaux restent bloqués. Il a ainsi invité les jeunes à accepter la poursuite du chantier actuel, tout en formulant des propositions concrètes pour les aménagements complémentaires.
« Il faut qu’on donne l’alerte pour que les travaux reprennent, sinon les machines vont aller ailleurs. Et si ça va ailleurs, on n’aura pas nos deux fois deux voies maintenant, mais on aura perdu », a-t-il averti.
À l’issue des échanges, il a proposé que les représentants de la jeunesse, en concertation avec le préfet de région, élaborent un document contenant leurs propositions. Il s’est engagé à transmettre ce rapport au ministre chargé des Infrastructures, au vice-Premier ministre, au Premier ministre et au président de la République, afin que les différentes options soient examinées.
Cette rencontre a également été l’occasion de passer en revue les actions de développement engagées par le chef de l’État dans la région du Gontougo. Adjoumani a salué l’esprit de responsabilité et d’apaisement manifesté par les leaders de jeunesse, ainsi que leur engagement en faveur de la cohésion sociale.
Pour le ministre, l’enjeu est désormais de parvenir à un compromis permettant de poursuivre les travaux de bitumage et de préparer les aménagements en 2×2 voies souhaités par les populations. Une démarche qui repose sur la concertation et la formulation de propositions concrètes.
Fulbert Yao







































































