Son élection à la tête du parti légendaire a suscité beaucoup d’espoir chez certains et aujourd’hui, les mêmes s’interrogent s’ils ont fait le bon choix. Le mécontentement au sein du Pdci a franchi un cap avec l’émergence de mouvements dissidents qui exigent ouvertement la démission de Tidjane Thiam. Depuis l’ ‘’exil’’ du président du Pdci en mars 2025, certains militants dénoncent un vide à la tête de la formation politique. Ces militants reprochent à leur leader d’être déconnecté des réalités ivoiriennes et réclament l’organisation d’un nouveau congrès extraordinaire pour désigner une direction active et présente à Abidjan. En interne, plusieurs structures, à l’image du Réseau d’entraide militante du Pdci-Rda (Rem Pdci-Rda), regrettent que ce vide politique fragilise l’organisation locale et paralyse la prise de décisions urgentes sur le terrain. Ces militants expriment leur agacement face à ce qu’ils qualifient de « gestion du parti par télétravail ». Le Réseau d’entraide militant du Pdci-Rda (Rem Pdci-Rda), dirigé par Kouakou Marshall Balou, a tenu son assemblée générale les 10 et 11 juillet 2026, à Yamoussoukro à la Fondation Félix Houphouët-Boigny. Au cours de cette rencontre, ils ont également appelé à la convocation d’un nouveau congrès afin de désigner un nouveau dirigeant, comme l’a rapporté France 24. Les contestataires reprochent à Tidjane Thiam son éloignement prolongé du pays ainsi que sa manière de conduire les affaires du parti. Ils estiment que cette situation fragilise le Pdci à l’approche des prochaines échéances politiques et compromet sa capacité à préparer efficacement les futurs rendez-vous électoraux. Kouakou Marshall Balou assure que leur démarche n’est pas une démarche de confrontation, ni de rupture. « C’est une démarche de construction, fondée sur la solidarité, l’entraide et l’unité retrouvée. Nous ne sommes pas ici pour diviser, mais pour rassembler », a-t-il indiqué. L’Initiative pour la réconciliation et la sauvegarde du Pdci (Irs-Pdci) dirigée par plusieurs figures de cadres et de militants du parti, notamment Professeur Yao Kouamé Albert qui agit en tant que porte-parole et Anoma Magloire coordonnateur général a contesté à plusieurs reprises la gestion du parti et exigé des réajustements ou de nouvelles instances après les remous que traverse le Pdci. Sur ces interrogations de son absence prolongée, des militants semblent déçus de leurs choix sur l’homme. « C’est bien beau de donner l’impression qu’on a du relationnel, mais en tant que président d’un si grand parti comme le Pdci, le président doit rester sur place et aborder les difficultés que traversent ses militants. (…) C’est maintenant qu’il doit dire aux ivoiriens ce dont il est capable de leur proposer pour l’amélioration de leurs conditions de vie, mais il est tout le temps dehors, il cherche quoi à la fin », s’interroge une grande femme militante qui a voulu garder l’anonymat.
Une absence qui fait obstacle au bon fonctionnement du parti.
L’impact de l’absence prolongée de Tidjane Thiam sur le bon fonctionnement du Pdci suscite de vifs débats en Côte d’Ivoire. Installé à l’étranger, en Europe, sa gestion à distance divise les observateurs et les militants. Pour certains observateurs, le Pdci n’est pas une chambre consulaire, encore moins, une diplomatie pour qu’on le gère depuis l’étranger, tout se passe en Côte d’Ivoire. « Est-ce que Thiam peut se décider à revenir vivre en permanence à Abidjan pour gérer le parti? Ne donnez pas cette impression d’une détestation de sa personne, s’il a été animé de bonne volonté au départ et que sur le terrain, des difficultés font face à sa mémoire, encouragez-le à reconnaître sa faiblesse et lui trouver un autre point de chute. Le premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé disait et je cite: ‘’pour monter, il faut descendre’’. Personne ne veut à Thiam et il faut arrêter tout ce vacarme nuisible au parti. », Indiquent ces observateurs. Pour d’autres, Ce n’est pas la personne de Thiam qui dérange, mais son indisponibilité à diriger le parti, en restant de manière continue hors de la Côte d’Ivoire. « Cette absence constatée par tous, pose problème et fait obstacle au bon fonctionnement du parti, qui, tous les jours se désagrège. Il ne faut pas faire cette confusion pour donner cette impression, que sa personne suscite des rancœurs. Thiam ne peut pas résider en permanence en terre ivoirienne parce qu’il s’est habitué à s’occuper de ses affaires, en étant basé à Paris. Ce qui l’oblige à résider en permanence à Paris qui lui permet sa mobilité. Quand ce constat est trop visible, il ne faut pas tirer ailleurs, le ver est dans le fruit. Opposer les uns et les autres, serait absurde et destructeur pour le parti qui a déjà ces années bernes depuis 1999. Vouloir opposer Thiam à ceux qui veulent lui venir au secours, serait désavantageux pour lui et très risqué à la fois », font-ils savoir. Voilà, un parti politique incapable de voir la réalité en face et passe tout son temps à s’autoflageller. Dans toutes les familles, existent des tensions et distorsions, mais quand ces plaies sont ouvertes, on cherche à les soigner, mais au Pdci les esprits claniques et ethniques, empêchent d’être lucides pour penser à la vie du parti.
G.K







































































